Réalisé en 2009, Le Coran : aux origines du Livre est l'un des rares documentaires produits par Arte traitant des débuts de l'Islam, une question autrement plus "sensible" (pour reprendre un terme cher aux journalistes) que celle abordée dans mon post précédent. Durant à peu près une heure, ce documentaire nous emmène sur la trace des plus anciens manuscrits coraniques et tente de reconstituer l'histoire de leur composition.
En compagnie de l'éminent islamologue et paléographe François Déroche (qui a réalisé sa thèse sur l'Oasis de Dedan à Al-ˀUlā) et de l'imam Ferid Heider (qui a étudié à Al Azhar), nous partons en quête des plus anciens extraits et exemplaires du Coran. A part une très brève explication concernant les styles calligraphiques, le documentaire est essentiellement un exposé des différents manuscrits présents au Caire, à Paris et à Kairouan.
Après une courte introduction sur le dogme de la nature miraculeuse du Qurˀān et de son inimitabilité [Ar. Iˁjāz] ainsi que sur la vulgate dite ˁuthmanienne (version prétendument unique et inchangée du texte), le documentaire passe rapidement sur les manuscrits de Sanaa découverts en 1971 avant de conter le récit islamique traditionnel (sur lequel je reviendrai) de l'apparition et de la transmission du "message" islamique [Ar. Risālah] pour ensuite se tourner vers la composition du texte toujours selon le récit traditionnel de la succession entre les différents califes ce qui permet d'aborder la question de la standardisation du Coran attribué à ˁUthman ibn ˁAffān (le troisième des "califes bien guidés" [Ar. Rāshidūn]), la suppression des versions concurrentes (les versions d'ˁAlī et ˁAbdallah ibn Masˁūd) et l'émergence du chiisme et du sunnisme dans une succession logique. Les différentes récitations [Ar. Qirāˀāt] sont aussi mentionnées brièvement.
Vers la fin du documentaire, les manuscrits de Sanaa sont mentionnés par François Déroche qui établit un parallèle entre les enluminures qui s'y trouvent et les motifs présents au sein de la mosquée des Omeyyades à Damas. Finalement, le documentaire se concentre sur les photographies des manuscrits recueillis par l'orientaliste allemand Gotthelf Bergsträßer et leur retranscription dans le cadre du projet Corpus Coranicum, ce qui donne lieu à certains prononcements sur l'interaction entre recherche académique et religion musulmane.
Ce qu'Arte ne dit pas
La façon dont le documentaire aborde les débuts de l'Islam est intéressante, essentiellement celui-ci ne fait que reprendre la version traditionnelle des débuts de l'Islam à son compte sans jamais la remettre en question ni même y apporter un élément de critique (de 7:23 à 12:03). Intéressante car ce récit n'est pas (ou très peu) présent au sein du Coran et provient essentiellement de la Sirah Nabawiyah (biographie du prophète) selon Ibn Hichām et peut également être entrevu à travers certaines collections des ˀaḥādīṯ (recollections des dires, faits et gestes de Mahomet par ses compagnons, transmis de bouche à oreille de génération en génération par une chaîne de narrateurs, leur validité [Ar. ˀisnād] étant déterminée par une gradation partant de "faible" [Ar. ḍaˁīf] à "vrai" [Ar. ṣaḥīḥ]), le documentaire cependant ne prend pas la peine de préciser ce fait important.
Selon le récit islamique traditionnel, Mahomet est un marchand Mecquois appartenant au clan des Banī Hāchim lui-même issu de la tribu de Qouraïche (qui trace ses origines à Ismaˁīl le fils aîné d'Ibrahim par l'intermédiaire d'ˁAdnān, la prophétie est une histoire de famille) qui règne sans partage sur la Mecque, ville principalement commerciale abritant la Kaˁba (sanctuaire qui à l'époque accueille 360 idoles). Analphabète, à l'âge de 40 ans Mahomet reçoit la première d'une longue série de révélations de la part de l'archange Gabriel dans la cave de Ḥirāˀ. C'est ainsi que débute sa carrière de prophète, dans un premier temps il se cantonne à la promotion du message islamique dans son cercle le plus intime, inévitablement le message prend de l'ampleur et attire l'attention des autorités mecquoises qui ne manquent pas de persécuter les premiers musulmans. Ceux-ci sont contraints à l'exil et chassés de la Mecque, c'est l'Hégire [Ar. Hijra], certains se réfugient en Abyssinie (première migration) tandis que la majorité se regroupent dans la ville juive de Yaṯrib, rebaptisée Médine par la suite et qui sera la capitale du premier état islamique (cette seconde migration marque le début du calendrier musulman). Par le biais d'alliances avec les tribus avoisinantes, de batailles (qui se soldent parfois par des revers majeurs) et de traités brisés avec les Mecquois, Mahomet se trouve aux portes de la Mecque épaulé par ses partisans [Ar. ˀansār] en moins d'une décennie, après avoir pris la ville il brise les idoles de la Kaˁba et confie les clés du sanctuaire (le tout premier à avoir été érigé dans l'histoire de l'humanité, sa construction étant attribuée tantôt à Adam tantôt à Abraham) au clan des Banī Chaïba. Mahomet meurt quelques années plus tard en 632 de notre ère et est enterré dans la maison de sa femme Aïcha [Ar. ˁāˀisha], quelques années avant que la bataille de Yarmouk ne marque le début des conquêtes islamiques. Pendant sa période médinoise, après avoir proclamé la première constitution islamique, il aurait envoyé des lettres aux chefs des différentes puissances avoisinantes les enjoignant d'embrasser l'Islam.
L'âge de Mahomet lorsque celui-ci reçoit sa première révélation (40 ans) est un chiffre symbolique du Judaïsme et fait écho à l'âge de Moïse lorsqu'il fuit l'Egypte et rencontre Yahvé dans le désert, Mūsā (version arabisée de Moïse) étant le prophète dont le nom revient le plus dans le Coran (136 fois, celui de Mahomet en comparaison n'apparaît que 4 fois). Il ne s'agit donc probablement pas d'une coïncidence ni même d'une exception, le récit dans son intégralité regorge d'exemples semblables. Les généalogies mises en avant sont très probablement tronquées (et cela jusqu'à nos jours) et une forme de tension interne domine le récit en raison de la contradiction entre une origine abrahamique des Arabes "ˁadnānites" et le fait que ceux-ci vivent à une époque "d'ignorance" [Ar. Jāhiliyyah] polythéiste à l'époque de Mahomet, contradiction résolue seulement par l'invention du récit de l'oubli et de l'abandon du monothéisme originel suite à l'introduction du polythéisme par un certain ˁAmr ibn Luḥayy appartenant à la tribu des Banī Khuzāˁa (cette histoire est contée par Ibn al-Kalbi dans son Livre des idoles).
Ce récit est problématique surtout parce qu'il n'y a pas grand chose pour l'étayer, l'état de la recherche suggère plutôt qu'il s'agit d'un récit sans réel fondement historique. Prenons les lettres de Mahomet aux différents dirigeants de son époque, il est assez évident que les exemplaires en notre possession sont des faux grossiers. Quand on ajoute à cela non seulement l'absence du nom de Mahomet dans l'immense majorité des sources épigraphiques datant de la première moitié du septième siècle (hormis quelques passages très brefs provenants de chroniqueurs arméniens, syriaques, grecs ou coptes) mais également celle de ses successeurs, les califes "bien guidés", ainsi que la perpétuation des symboles sassanides (zoroastriens) sur les pièces de monnaie datant du premier califat (il faut attendre la fin du 7ème siècle pour voir le nom de Mahomet apparaître et l'iconographie sassanide anthropomorphe s'estomper), on est bien en mal de trouver des éléments de preuves supportant la véracité de ce narratif traditionnel.
Cette paucité d'éléments permettant d'affirmer la véracité du récit traditionnel constitue un terrain extrêmement fertile pour les théories révisionnistes et minimalistes. C'est ainsi que plusieurs islamologues, philologues, archéologues et historiens ont proposé des reconstructions des débuts de l'Islam replaçant celui-ci non pas dans le Hedjaz mais plus au nord en proximité avec la région où se trouvait le royaume nabatéen. D'autres ont même proposé que les premiers conquérants arabes étaient encore païens, et que l'Islam ne prendrait forme que plus tard pendant l'époque omeyyade. Parmi les minimalistes ayant proposé de tels scénarios, je mentionnerai Patricia Crone, Michael Cook, Robert G. Hoyland, Fred Donner, Hans Jansen, Yehuda Nevo et Andreï Korotaïev.
Mais encore...
Le gros du documentaire se penche sur le domaine de l'épigraphie de façon très artificielle. Je ferai d'ailleurs remarquer qu'il est assez intriguant que les auteurs aient décidé de parler des manuscrits de Sanaa sans prendre le temps de s'entretenir avec le professeur Gerd Puin qui fut le premier expert à mener des recherches sérieuses sur ces manuscrits au début des années 80, serait-ce parce que ses conclusions mettent à mal le récit traditionnel? Il a après tout déclaré (à juste titre) qu'environ une phrase sur cinq est tout bonnement incompréhensible dans le Coran, ce qui est assez paradoxal vu que celui-ci prétend être "mubīn" (c'est à dire clair ou intelligible).
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| Le professeur Gerd Puin, le premier chercheur à avoir mis en évidence les différences présentes au sein du palimpseste de Sanaa |
De la même façon, le documentaire ne s'attarde guère sur le palimpseste de Sanaa, qui est toutefois le document qui apporte le plus d'éléments à même de nous informer sur l'état de la composition initiale du texte coranique et l'absence de certaines sourates au stade le plus précoce (certains feuillets du palimpseste "sautent" ou omettent plusieurs sourates, passant par exemple de la 19ème à la 22ème sourate au sein d'une seule et même page).
Pour en revenir à l'épigraphie, le documentaire (de 15:56 à 18:00) mentionne très rapidement que le type calligraphique le plus antique d'écriture coranique est le script dit "hijazi" (ou khaṭṭ māˀil "écriture penchée") qui date de l'époque pré-abbasside.
Tandis que le documentaire note justement que les manuscrits "ˁuthmaniens" sont rédigés pour la plupart dans un style calligraphique autrement plus récent datant de l'époque abbaside dit "koufique" (de la ville de Koufa en Iraq).
Et c'est tout ce qu'on apprendra dans ce documentaire. L'histoire du système d'écriture arabe en soit n'est pas abordé, c'est pourtant un élément crucial. En effet l'abjad (alphabet consonantique) dans lequel ces manuscrits sont rédigés n'est guère plus adapté à la transcription de la langue arabe que ne l'est l'alphabet latin dans lequel vous lisez cet article. Originellement, l'arabe était écrit principalement dans une variante de l'alphabet sudarabique (connu sous le nom de "musnad" en arabe), situation qui a duré du début du premier millénaire jusqu'au quatrième siècle de notre ère environ trois siècles avant l'apparition de l'Islam (selon le récit traditionnel), soit la moitié de l'histoire écrite de cette langue.
Les philologues, linguistes et épigraphistes s'accordent pour dire que l'alphabet arabe tel que nous le connaissons aujourd'hui est un produit dérivé de la variante cursive script nabatéen utilisé en Jordanie vers la fin de l'Antiquité.
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| L'inscription de Namara, exposée au Louvre, est une inscription datant du 4ème siècle ap. J.-C. dans un dialecte ancien de l'arabe, le script est une variante de l'alphabet nabatéen |
Ce script est issu de l'alphabet araméen répandu par la chancellerie de l'empire achéménide au sein du croissant fertile, il est phonologiquement défectif pour l'araméen car ultimement dérivé de l'alphabet phénicien (la langue phénicienne avait déjà réduit son inventaire consonantique au début de l'âge du fer). Il l'est encore plus pour l'arabe si bien que les variantes les plus anciennes de l'alphabet arabe (les styles "hijazi" et "koufique") ne comportant pas ou peu de signes diacritiques permettant de distinguer certaines lettres sont extrêmement difficiles à lire (à titre d'exemple, si je prends ٮـ cette lettre peut signifier /b/, /t/, /θ/, /n/, /y/ ou /ˀ/ soit 6 possibilités différentes sans la ponctuation pour distinguer les lettres).
En comparaison la variante septentrionale de l'ancien alphabet sudarabique était en tout point adaptée à l'inventaire consonantique de la langue arabe, la question de sa disparition n'est pas anodine et elle se pose réellement si l'on prend le narratif traditionnel au sérieux car celui-ci nous contraint à placer les origines de l'Islam et de son texte sacré au sein d'une région (le Hedjaz) se trouvant dans la sphère d'influence du royaume himyarite et de sa culture sabéenne tardive.
Un élément de réponse possible est que l'alphabet sudarabique était trop étroitement lié soit à la culture antéislamique (l'époque de "l'ignorance" [Ar. Jāhiliyyah] selon l'Islam) et au royaume himyarite (qui, rappelons-le, avait adopté le judaïsme) ou bien au royaume d'Aksoum dont la langue guèze utilisait une variante de cet alphabet (et qui est à la base de l'abugida éthiopien) et donc par extension à la culture chrétienne. Dans ce cas de figure, il est possible de supposer que l'abandon du vieux script sudarabique (qui une fois de plus était parfaitement adapté à l'inventaire consonantique de la langue) était un choix conscient destiné à fournir à la communauté des croyants une écriture qui serait un point de référence et un socle identitaire commun (depuis l'antiquité, le système d'écriture était déjà un moyen d'affirmer une forme de nationalisme précoce).
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| Inscription sabéenne datant du 6ème siècle avant notre ère |
D'autre part, si les experts s'accordent pour dire que l'alphabet arabe trouve son origine dans la variante cursive de l'alphabet nabatéen, il est assez évident que l'alphabet syriaque (pour ne pas dire la langue elle-même, comme a tenté de le démontrer un savant allemand anonyme du nom de "Christoph Luxenberg" il y a des années de cela, prétendant que de vastes pans du Coran contiennent des termes d'origine syriaque) a eu une influence tout aussi importante si ce n'est plus décisive dans la morphologie des lettres, des ligatures et l'usage des signes diacritiques pour distinguer les lettres partageant la même forme.
Un autre élément de réponse consisterait donc à y voir soit la trace d'une origine plus septentrionale de l'Islam, soit une codification tardive du texte coranique bien après l'ère des conquêtes [Ar. futūḥāt] ce qui expliquerait l'adoption naturelle d'une variante de cet alphabet dans une situation de contact plus direct avec la zone araméophone.
Finalement, une dernière possibilité se trouve au niveau de l'activité missionnaire en Arabie, aspect souvent ignoré, le récit traditionnel semble souffrir d'une forme d'amnésie sélective et ne mentionne pratiquement pas le fait que byzantins et sassanides s'affrontaient par intermédiaires interposés notamment dans le sud de la péninsule, c'est dans ce contexte qu'il faut voir l'activité missionnaire des byzantins d'un côté et des sectes dyophysites de l'autre. Il faut également se souvenir que la capitale de l'état lakhmide (royaume arabe vassal des sassanides et d'obédience dyophysite) était située à Al-Ḥirah non loin de la ville de Koufa (d'où le style "koufique" tire son nom) et que plusieurs ˀaḥādīṯ confortent la thèse d'une adoption ou acquisition en Mésopotamie de l'alphabet arabe. La présence d'histoires au sein du Coran qui trouvent de nombreux parallèles dans la littérature exégétique syriaque semble supporter cette hypothèse (d'autres par contre sont plus typiques des interprétations du Midrach propre au Judaïsme rabbinique).
En somme, Arte a raté le proverbial iceberg en se cantonnant à un traitement superficiel (pour ne pas dire minable) du sujet épigraphique, sujet déterminant lorsqu'il s'agit d'éclaircir les origines du texte coranique et qui mérite un traitement en bonne et due forme.
Arte se ridiculise
Tout au long du documentaire, un ton franchement partisan et partiel domine la narration. A la 33ème minute nous assistons à une déclaration de foi de la part d'un des conservateurs des manuscrits de Kairouan, le documentaire est jonché de commentaires similaires. Un peu plus tard (35:20) Déroche et son homologue tunisien se lancent dans un concours de louanges et d'hommages à un manuscrit datant (selon Déroche) de la première moitié du 8ème siècle, on y admire "l'art du livre" et la "finesse du trait", s'il est vrai que le "saut qualitatif" se doit d'être noté et mis en parallèle avec l'aspect plus rustique des premiers manuscrits, ce flot d'éloges est plus qu'exagéré.
Cette tendance se précise vers la fin du documentaire lorsque celui-ci nous emmène dans les coulisses du projet Corpus Coranicum, la voix off fait la promotion d'une "approche partagée entre tradition scientifique et tradition musulmane" (45:42). S'en suit une déclaration de la part d'une assistante musulmane du projet, qui affirme qu'elle espère faire changer les opinions défavorables sur le Coran et l'Islam "qui sous-entendent que tout cela est faux et falsifié", déclaration assez amusante vu que la falsification [Ar. Taḥrīf] de la Torah et des Evangiles (au sein desquels Mahomet était autrefois présent selon l'Islam) est un des dogmes essentiels de l'Islam, il s'agit donc d'asseoir la véracité et la légitimité de la religion musulmane et de ses textes.
Au cas où vous ne l'auriez toujours pas compris, l'islamologue Angelika Neuwirth (en charge du projet) abat ses cartes et dresse un portrait inédit de la nature de ce projet, ce qu'elle dit vaut le coup d'être lu et retenu pour la postérité:
« Nous ne voulons en aucun cas pratiquer notre recherche coranique de façon - comment dirais-je - académique, alors qu'il y a des millions de musulmans qui sont curieux, qui s'intéressent et qui disposent eux-mêmes d'un savoir que nous n'avons pas. Si nous voulons vraiment nous approcher du Coran, nous avons besoin d'une étroite collaboration avec des érudits musulmans, sans eux ce n'est pas possible. » (50:28)
Le but n'est pas une recherche académique qui permettrait de faire la lumière sur les débuts du Coran, mais plutôt un projet collaboratif avec des musulmans. On se demande même à quoi tout cela rime si les érudits musulmans détiennent un savoir qu'eux n'ont pas, ne serait-il pas infiniment plus efficace de laisser l'étude du Coran aux seuls musulmans et d'interdire toute approche qui court le risque d'être critique et de ne pas aller dans le sens de ces érudits? L'Islam n'est il pas la religion véridique [Ar. Dīn al-Ḥaqq]? A quoi bon étudier les débuts de l'Islam si tout est déjà connu d'avance?
Pourquoi c'est important
A vrai dire cette approche de soumission complète aux dogmes de l'Islam dans le monde de la recherche n'est pas étonnant, Angelika Neuwirth est connue pour son adhésion quasi-littérale au récit traditionnel islamique mentionné plus haut, cela vaut également pour François Déroche. Nous avons donc notre réponse quant à l'absence énigmatique de Gerd Puin (un chercheur qui n'appartient pas à cette paroisse compatissante avec l'Islam), il n'y a rien d'innocent dans le fonctionnement d'Arte, cette chaîne fait la promotion de l'Islam et rien d'autre.
De façon plus générale, cette approche nous enseigne sur la nature humaine, elle est symptomatique de la lâcheté inhérente aux académiciens, ceux-ci s'adonnent à la collaboration (mot qu'ils emploient sans ironie aucune) et se spécialisent dans le domaine des courbettes et des louanges à la gloire du texte coranique au lieu de fournir un travail de recherche académique solide qui éclaircisse les origines de ce texte. Cette attitude contribue pleinement à entretenir l'omertà sur l'Islam, son histoire et ses dogmes, omertà qui autorise l'Islam à redorer son image et à engager un rapport de force sociétal. Arte n'est que trop enclin à faire de même, nous n'aurons donc pas droit à un exposé réellement critique des débuts de cette religion, et il ne faut pas s'y attendre de si tôt, souvenons-nous que ce documentaire fut réalisé en 2009, il n'y en a pas eu d'autre sur les premiers siècles de l'Islam depuis (en matière d'histoire arabo-musulmane Arte préfère amplement s'attarder sur "l'Âge d'or" andalous)! Le parti pris d'Arte crève les yeux.
Youtube
Ce documentaire a été mis en ligne sur le compte YT d'Arte il y a quatre mois et a été visionné plus de 850 000 fois. Une fois de plus, c'est une occasion pour nous d'entrevoir les réactions des spectateurs.
Avec ce documentaire Arte courtise activement une audience musulmane, et la réaction ne s'est pas fait attendre, nombreux sont les commentaires positifs laissés par des musulmans:
Cependant, une portion non négligeable des commentaires est négative, il s'agit là également de musulmans pour qui la remise en cause du dogme d'un Coran incréé et inimitable est tout bonnement insupportable:
Certains y voient même une certaine malhonnêteté, un sous-entendu islamophobe et prennent donc le temps de rappeler que leur religion est en tout point supérieure et immuable:
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| Appel au boycott musulman d'Arte? Pour le coup, je dis Incha'Allah! |
Arte a beau y aller avec des pincettes et faire acte de soumission, certains ne sont décidément jamais contents. Je n'ose à peine imaginer la réaction de certains si Arte produisait un documentaire sur la genèse de l'Islam en prenant celui traité dans le post précédent comme modèle de base. Pour paraphraser Machiavel, c'est bien des petites offenses que les hommes se vengent et non des grandes.
"Tschüss"




















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